L’ultra trail de Sancy, dernier trail de préparation en vue des
Templiers.
Pour moi, ce sera le parcours du 34 km avec 2400 m de D+.

Samedi 12 septembre : 7h30
Départ de la maison en espérant que le beau temps soit au rendez-vous,
car sur le massif du Sancy, la météo peut être rapidement changeante. Même si je fanfaronne sur le forum en disant que les Auvergnats ont le poils dur et que le Sancy ce n’est pas pour les
fillettes, au fond de moi-même je ne suis pas rassuré du temps annoncé. Température douce 13°c.
Vent fort, soufflant en rafale. Brouillard à
partir de 1300 - 1350 m.
Prévision journée: Beau avec vent. Rafales de
vent et brouillard sur les crêtes du Sancy, il va falloir tenir sa casquette.
9h00 : Arrivée au Mont-Dore. Je suis en retard. Je file
récupérer mon dossard, facile, il n’en reste plus que deux.
Le temps de me changer, faire le plein du camel sans en mettre trop à côté et je cours
me positionner dans le sas de départ. J’aperçois une casquette kikourou au milieu de la cohue : c’est Fimbur. Nous bavardons quelques minutes pendant que les organisateurs font un dernier
breafing et pan c’est le départ.

Mont Dore – Col de la Croix Morand
Les trois cents coureurs s’engouffrent dans les rues de la ville. Rapidement un
bouchon se forme à l’entrée des escaliers qui mènent au chemin en sous bois. Passé les escaliers, nous redescendons sur la ville par une petite route goudronnée avant d’entamer véritablement la
course sur les sentiers. Je pars avec un petit groupe que je vais m’efforcer de suivre.

La première partie monte régulièrement, et rapidement, nous atteignons le premier ravitaillement du col du la Croix Morand au pied du Puy de la Tache. Le brouillard ne permet pas d’en distinguer
le sommet. La température est assez fraîche. Je prends quelques tranches de pain d’épice et commence l’ascension dans le brouillard.

Col de la Croix Morand – Puy de l’Angle
La pente est assez élevée, et, comme la majorité des
coureurs, je marche tête basse contre le vent. Une fois arrivé au sommet une belle descente bien roulante permet de se dégourdir les jambes. Ah, c’est le pied de descendre à fond avec le vent
dans le dos !


Les puys de la Tache, de la Monne et de l’Angle forment une succession de montées et de descentes qui me permettent de bien récupérer. Du sommet du Puy de l’Angle, l’on aperçoit le deuxième
ravitaillement du col de la Croix Saint Robert.
Puy de l’Angle - Col de la Croix Saint
Robert
La descente sur le col de la Croix Saint Robert est euphorique, le trail c’est le
pied !!
Je fais le plein du camel car le prochain ravitaillement est à une quinzaine de
kilomètres au pied du Sancy. Quelques tranches de pain d’épices et je repars à l’assaut du Roc de Cuzeau. Ma vitesse moyenne me semble élevée et je me demande si je vais terminer cette course
aussi facilement qu’elle a commencé. Non, c’est pas le moment de gamberger, tais-toi et marche, ou cours si tu peux.

Col de la Croix Saint Robert – Vallée de Chaudefour
L’ascension jusqu’au col de Cuzeau commence doucement pour terminer par un franc
raidillon. Deux coureurs me dépassent avec une facilité déconcertante. Attends, qu’est-ce que tu fous, tu te traînes ou quoi ? Non, c’est la tête de course de l’ultra trail qui nous
rattrape ! Je tente de les suivre sur quelques pas mais je lâche rapidement le morceau. Bon, ils ont du penser que j’étais un blaireau qui voulait amuser la galerie mais qu’importe, c’est
vraiment impressionnant de courir avec de tels athlètes ! Quelques minutes plus tard, ils ont atteint le sommet du Roc de Cuzeau.


La descente sur la vallée de Chaudefour , à travers bois, est assez technique. Je descends avec un petit groupe à un train d’enfer. Les branches, les racines, les pierres, la pente, les feuilles,
la pierre qui glisse … Attention !! Trop tard. mon pied glisse et je m’étale comme une masse. Le coureur qui était derrière moi me demande si çà va. « Non, non , rien de grave, c’est
juste le vernis qui est parti » En fait, je suis tombé sur le genou gauche et je sens bien que la fin du parcours va être difficile. Pour ne rien laisser paraître, je me remets à
trottiner clopin-clopant jusqu’à la vallée.
Vallée de Chaudefour – Puy de la Perdrix
La montée jusqu'au puy de la perdrix s’annonce difficile. Le dénivelé est important et
en sous bois, j’ai du mal à savoir combien il reste à monter. Une coureuse me dépasse (c’est la cinquième féminine à ce niveau de la course), je l’encourage. Je suis dans le dur de la course, ce
qui veux dire que le coup de mou est proche. Pourquoi me suis-je grillé dans cette descente ? Il fait chaud dans ce bois et il me reste presque plus d’eau dans le camel. Je ne parle plus, je
regarde mes pieds et avance en mode résistance.
Après un temps qui me paraît interminable, je parviens au sommet. Le vent souffle en
rafale, et balaie le brouillard à une vitesse inouïe. Une vraie soufflerie. J’en arrive presque à regretter la moiteur de la forêt. J’enfile difficilement mon coupe vent, retourne ma casquette et
vise le sommet du Sancy, planté au milieu de nulle part.
Puy de la Perdrix – Le Mont Dore
Perdu dans la tourmente, un signaleur me demande mon numéro de dossard. Je lui répond
en criant. Son collègue, blotti dans un cabanon pointe les coureurs arrivées au pied du Sancy.
-
« Le dernier ravitaillement est à cinq cent mètres »
Les bénévoles se sont abrités au pied d’un talus pour se protéger. Je m’assois. Le
Sancy est à quelques centaines de mètres, balayé par le vent, il paraît encore plus impressionnant. Je fait le plein de mon camel, échange quelques mots avec les autres coureurs et repart. Aller,
encore un dernier effort et c’est la descente sur le Mont Dore.
Je gravis les rochers du Sancy, çà y est, je vois la table d’orientation, je suis au
sommet. Eh, t’emballes pas Frédy, c’est pas l’Evrest !

Je fais une courte pause à l’abri du vent et entame la descente par les escaliers en bois.

Le moral revient, l’écurie est proche.

Un panneau indique qu’il reste trois kilomètres. Un œil sur ma montre, cinq heures trente c’est jouable. J’accélère autant que faire se peut. Le dernier kilomètre, je dépasse quelques coureurs,
le parc, l’arrivée au bout du chemin. Cinq heures vingt sept. C’est la joie de l’arrivée, celle qui te fais oublier que tu as mal et que tu es fatigué.

Après une douche bien méritée, je vais rejoindre les autres coureurs au repas servi dans le casino du Mont Dore. Le contraste entre
les coureurs en survêtement et les joueurs de bandit manchot m’a toujours amusé. Je retrouve Fimbur et son épouse. Toujours très sympa ces moments de convivialité entre
coureurs.

Il me reste que quelques semaines pour finir ma préparation des Templiers. Quelques
courses de villages, des sorties longues, du dénivelé et ce sera parti pour l’aventure.