Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 13:56

 

 

Malgré un emploi du temps particulièrement chargé cette année, je n’ai pas pu résister à aller me balader au clair de lune à l’occasion de la 86ème édition de la doyenne des randonnées. La cuvée Roanne Thiers 2011 ne s’annonçait pourtant pas sous les meilleurs hospices. Malgré un plan d’entrainement savamment concocté, le sort s’est acharné sur notre petit groupe d’engagé. Une entorse puis une gastroentérite fulgurante a eu raison de deux éléments. Seuls les plus forts et les plus vaillants ont survécu à ce terrible fléau.

 

Profil Roanne Thiers


C’est ainsi que ce samedi 4 décembre, nous nous sommes retrouvé chez Fred, coureur convalescent, pour participer à une pasta party qui restera dans les anales de la course à pieds. Après  quelques cacahuètes et autres chips, nous avons rapidement attaqué l’entrée de crudités.

 

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Nous avons ensuite enchaîné sur un plat gargantuesque de pâtes à la crème garnies de ses champignons et de sa volaille, le tout arrosé de deux bouteilles de Graves. Pour terminer ce modeste repas, un festival de dessert composé de tartes, clafoutis, bugnes et autres douceurs avait été préparé par la maitresse de maison. Après le café, une irrésistible envie de m’allonger sur le sofa m’envahit.

21h00 sonnèrent quand il fallut se décider à lever le camp pour Thiers, où nous attendaient les navettes en partance pour Roanne. Arrivés à Thiers, nous prenons nos carnets de pointage distribués par l’organisation et filons en direction du parking des bus. Le voyage sera l’occasion de faire un petit somme digestif.

 

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Arrivé à Roanne le réveil fut difficile. Il fallait sortir de la tiède torpeur du bus pour affronter  le froid et l’humidité de la nuit. Le temps était doux et un fin crachin commençait à tomber. Une petite photo de groupe et Philippe et moi  laissons les marcheurs pour nous placer à l’avant du départ.

 

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Minuit, le départ est donné aux 1200 participants noctambules. Nous partons avec un petit groupe de coureurs, laissant derrrière nous les lumières de la ville.

 

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Seuls quelques supporters nous encouragent à notre passage.

 

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La première partie du parcours est relativement roulante et permet de prendre un bon train. Le premier ravitaillement permet de souffler un peu avant d’entamer la montée vers le Col de Trève.

 

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Des crampes d’estomac  m’obligent à ralentir pour finalement marcher dans toute l’ascension. Philippe m’attend et malgré ses encouragements je ne parviens à reprendre la course qu’à un rythme de sénateur.

Tant bien que mal, nous arrivons au ravitaillement de Saint Just en Chevalet.

 

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Je prends un grand verre d’eau gazeuse pour tenter d’atténuer les maux d’estomac. La forme commence à revenir et sans perdre de temps nous reprenons la route.A la sortie de Saint Just nous attend la montée vers le Col de Saint Thomas, point culminant de la course.

 

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Nous avançons régulièrement et, de loin en loin, apercevons le grand feu allumé par les bénévoles au sommet du col. Les dernières boucles sont particulièrement ardues et c’est les cuisses en feu que nous parvenons au sommet.

 

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Nous ne restons pas longtemps au sommet et repartons avant de trop nous refroidir.

 

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Il est plus de quatre heures du matin et la douce bruine du départ s’est transformée en une trombe d’eau.

La pluie tombe dru et la visibilité est quasi nulle. Les frontales parviennent à peine à éclairer le bord de la route et c’est à l’aveuglette que nous dévalons la descente vers Chabreloche.

 

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A l’entrée de Chabreloche, la pluie se calme. Nous en profitons pour nous arrêter au ravitaillement qui propose de la soupe aux choux. Après un tel déluge, cette soupe est très appréciable.

 

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Il reste 17 km pour arriver à Thiers. Le ciel s’est dégagé et le soleil commence à se lever. La descente sur la ville des couteliers permet de courir facilement. J’en profite pour prendre quelques photos du panorama.

 


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Nous franchissons la ligne d’arrivée près de huit heures après avoir pris le départ de Roanne, fourbus mais heureux d’avoir bouclé cette fabuleuse course nocturne. Un grand merci aux nombreux bénévoles qui nous ont encouragé tout au long de cette nuit.

 

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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 21:12

 

Afin de préparer au mieux notre sortie nocture de fin d’année, Bryan et moi avons participé à la randonnée de l’amilpattes qui se déroulait dans le parc des volcans. Nous décidons de courir le grand parcours qui fait près de 38 km pour un dénivelé positif de 1200 mètres.

 

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Le départ de la randonnée est situé à la maison de quartier de Croix Neyrat de Clermont Ferrand. Les nuages se sont dissipés ce dimanche matin pour faire place à un temps dégagé. Lorsque que nous prenons le départ vers neuf heures, les premiers marcheurs sont partis depuis longtemps. Nous partons à une allure modérée qui sera notre allure de base pour la Roanne Thiers qui aura lieu dans quatre semaines. Après quelques minutes de parcours relativement plat, nous attaquons la montée des vignobles des coteaux de Chanturgue.

 

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Nous prenons rapidement de la hauteur et arrivons sur la crête du coteau d’où l’on peut voir tout le panorama de la ville à nos pieds.

 

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Passé la commune de Nohanent et le premier ravitaillement, nous nous dirigeons vers le parc des volcans.

 


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Après une montée soutenue, nous arrivons à Orcines, où les bénévoles nous proposent de la soupe et du vin chaud. Nous remplissons nos gourdes et repartons rapidement afin de ne pas se refroidir.

 

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Nous longeons le terrain de golf des volcans et les parcs à vaches.


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Les vaches  et les golfeurs font rapidement place à la solitude des volcans endormis.


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Le vent s'est levé sur les sommets mais ne parvient pas à dissiper le brouillard. Le Puy de Pariou et le Puy de Dôme jouent à cache-cache dans les nuages.

 

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Les pluies de la semaine ont laissé des traces.


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Arrivé à mi-course, le profil du parcours redescend sur Clermont-Ferrand par la vallée du Bédat. A chaque ravitaillement nous prenons le temps d'échanger avec les bénévoles qui ont réalisé un travail d'organisation et de balisage remarquable.

 

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Après le silence des sommets, nous redescendons sur la ville.

 

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Merci aux bénévoles qui nous aurons permis de faire cette belle ballade.


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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 21:44

Profitant de cette fin d'été pour avancer dans les travaux de la maison, j'ai cédé aux appels des sirènes m'invitant à me dégourdir les jambes dans les montagnes du Sancy.

 

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C'est ainsi que par ce beau dimanche d'aout,  j'ai suivi toute la troupe du Cap Aulnat en direction de la Tour d'Auvergne.

 

Après une heure de route à somnoler à l'arrière de la voiture, nous arrivons à proximité du cercle polaire. Six degrés pour un 27 aout, on a vu mieux pour lézarder au soleil. Je récupère rapidement mon dossard, enfile mes gants, mon bonnet et tente de me réchauffer en attendant le départ.

 

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Les pieds nicklés

Dire que je n'ai pas d'objectif serait un euphémisme, c'est ma première sortie de 18 km depuis le mois de décembre. Je vais tenter de suivre le petit groupe du club en espérant ne pas être le boulet de la course.

Le départ est donné, les premiers s'élancent à vive allure, je suis le mouvement mais rapidement, une forte montée calme l'ardeur des plus audacieux.

 

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Le temps froid devient supportable même si le brouillard épais masque la plus grande partie du paysage.

Parti en queue de peloton, je remonte progressivement les coureurs pour rejoindre Stéphane et Brian qui n’est pas dans un bon jour. Je prends le train de Stéphane jusqu’au sommet de la course.

 

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Le parcours se décompose en deux parties : une montée régulière de sept kilomètres et et une descente qui nous même jusqu’à l’arrivée.  Stéphane part devant, je tente de le suivre mais je le perds de vue rapidement. Le sentier en sous bois fait place à un chemin très roulant. J’ai en mire la deuxième féminine que je tente de rejoindre. Elle court d’un bon train et il va me falloir donner un bon coup d’accelerateur pour revenir à sa hauteur. Nous finirons ensemble  en 1h40.

Le repas d’après course est très convivial. Pompes sucrées ou salées, fromage et boisson à volonté, que demande le peuple ?

 

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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 22:34

Contraint par mon projet immobilier de laisser les runnings au placard pour cette année je n’ai pu résister à l’appel de cette 21 ème édition de Courir à Clermont. Une petite ballade de dix kilomètres de bitume qui permet de courir en plein centre-ville de Clermont-Ferrand, l’occasion était trop belle de lâcher les outils pour se dégourdir les jambes.

Le Cap Aulnat a envoyé ses meilleures pointures pour représenter le club. Les brèles et les mous du cuissot sont restés à l’écurie, les meilleurs galopeurs vont enflammer le macadam de la capitale régionale. Yvan, le photographe officiel, prendra les clichés qui resteront dans les annales du sport auvergnat.

 

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Eric nous propose de laisser nos sacs dans une taverne réservée par un producteur d’OGM, sponsor de la manifestation. D’un pas peu assuré, il s’approche d'un cerbère qui garde l’entrée de l’estaminet.

  -          Nous pouvons poser nos sacs ? Nous sommes quatre.

Il nous toise d’un œil noir et d’une voix gutturale :

-          Quand il y a en a un, ça va... C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes.

Sûrement un lien de parenté avec Brice de Montferrand.

Il nous laisse entrer malgré tout en grommelant.

 

Jean-Jacques a emmené Marie, une jeune pouliche qui court son premier dix kilomètres. Afin de calmer la fougue de la jeune galopeuse, Eric, un étalon sur le retour va faire la course à ses côtés. Jean-Jacques et moi participons à la course en off afin d’encadrer notre paire de bœufs coureurs.

 

Il est 21 heures, nous nous rapprochons du sas de départ parmi les 2300 autres participants.

 

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Jean-Jacques resserre ses lacets, dispense ses derniers conseils. La poudre a parlé, les coureurs s’élancent bave aux lèvres à l’assaut des premiers hectomètres. Notre groupe demarre doucement, çà joue des coudes dans la mêlée, le rythme de 6 mn au kilo est donné avec un objectif final de passer sous la barre horaire.

 

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Tel un épagneul en chasse, Jean-Jacques fais des allers-retours pour encourager sa jeune recrue. Eric, à pris le pas d’une coureuse qui jouera le lièvre, ou plutôt la hase, de notre fougueux coéquipier.

La mi course est franchie en 30 mn, je tiens bon la barre, la cadence est régulière, l’objectif est en vue. Les spectateurs sont très nombreux à nous encourager.

 

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C’est vraiment très agréable d’être meneur d’allure en fond de peloton parmi les filles. J’en oublierais presque ma condition physique de bigorneau.

Le profil des derniers kilomètres est légèrement ascendant et je sens que notre jeune capeuse marque le pas. Le chrono défile inexorablement.

L’arrivée approche, encore quelques encouragements et Marie file vers la victoire, celle d’avoir bouclé son premier dix kilomètres.

 Nous retrouvons Eric dans le sas d’arrivée.  

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Reste à affronter le cerbère pour récupérer nos affaires. La bête, occupée à distribuer des petits fours aux invités, ne nous remarque même pas. Le temps d'avaler goulument quelques amuses-gueules et nous filons incognito.

 

Cette petite sortie m’a vraiment donné envie de reprendre l’entraînement. La reprise de l’année prochaine va être vraiment ardue.

Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !

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Lundi 6 décembre 2010 1 06 /12 /Déc /2010 23:03

 

Thiers Roanne - Voyage au bout de la nuit.

 

Avant de bâfrer les repas de fêtes et de se gaver jusqu’aux amygdales, il est de tradition chez les cavaleurs au long cours et les allumés du cerveau de participer à la der des der. Pas une corrida ou une course au saucisson, non une vraie course, un truc comme la traversée du désert du Sahara sans eau ou la marche Thiers Roanne. N’ayant pu avoir les billets d’avion à temps, se sera la marche qui sera retenue.

  

Petit flash back :

En 1925, à la sortie d’une séance de cinéma à Roanne, Lucien Clairet propose à ses deux amis de leur offrir l’apéritif. Ils acceptent sur le champ sans en connaître la destination. Lucien Clairet avait choisi la ville de Thiers. Ses deux comparses relevèrent le défi, de ce qui allait devenir, au fil des ans, une marche de nuit de réputation nationale.

Il m’en fallait pas plus pour convaincre notre petit groupe de coureurs de Cap Aulnat de tenter l’aventure. Pour la promesse d’un apéritif à l’arrivée, ils seraient prêt à tout, même à courir 57 km en pleine nuit au mois de décembre. Le temps que l’on passe à courir, on le passe pas à se demander pourquoi on court et c’est mieux ainsi car Lucien Clairet, paix à ces cendres, ne nous attendait pas à l’arrivée avec son précieux breuvage. Fred, Philippe, Anne-Laure et Sylvie se joignent à moi pour cette balade au clair de lune. Ayant déjà participé à trois éditions, je me suis permis de divulguer quelques conseils à mes disciples dipsomanes.

 

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C’est ainsi que le samedi 4 décembre nous nous retrouvons à la maison pour une pasta party qui aurait pu facilement finir en bacchanale si l’esprit du sport et le don de soi ne l’avait emporté.  

 

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Fred, cycliste repenti, nous fait profiter de sa longue expérience des produits illicites et c’est avec beaucoup d’insistance que nous refusons son pot Belge bio.

 

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Vers 22h00 nous embarquons armes et bagages pour prendre le départ à Thiers. Nous retrouvons les marcheurs du club avec lesquels nous faisons une photo de groupe. Nous faisons la pause, mimons la sérénité en pensant que dans vingt ans nous regretterons la tête que l'on a maintenant.

 

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Il fait une chaleur infernale dans la salle des fêtes qui nous sert de box d’attente. Nous préparons nos sacs, trions le nécessaire du superflu, passons notre habit de lumière. 

 

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Il est minuit moins cinq, je recherche désespérément ma lampe frontale, mon bonnet et mes gants. Je retourne toutes mes affaires en vain. Sans m’en rendre compte, je suis la victime innocente d’un complot fomenté par mes co-équipés. J’apprendrais bien plus tard (le cerveau de cette machination s’est dénoncé ) que c’est par inadvertance que mes affaires ont étés mélangées à d’autres dans le sac d’un marcheur. C’est la version officielle, car il ne fait aucun doute que mes collègues, conscients de mon immense supériorité ont voulu délibérément m’handicaper en me privant de mes affaires. Par chance, j’ai un bonnet et une paire de gants de secours. Pour la lampe, je joue profil bas car ils pourraient m’abandonner au coin d’un bois. La région est peu sure, des loups affamés ou des ménagères en rût pourraient me tomber sur le rable. Par précaution, je vais me contenter de courir dans leurs pas. Je me vengerai au prochain entraînement de ces misérables cloportes.

 

Le départ à sonné depuis quelques minutes quand j’arrive finalement à rejoindre mes compagnons de jeu. Nous partons en queue de peloton, nous devons remonter toute la file des marcheurs pour s’installer avec les premiers coureurs.

 

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Rapidement nous nous retrouvons seuls aux avants postes. La traversée de Thiers laisse place à une petite route sinueuse qui s’engouffre dans les sous bois.

 

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Les neuf premiers kilomètres ne cessent de monter ce qui permet de se réchauffer rapidement par ce temps très froid. Notre moyenne est de 9 km/h, tout va bien la nuit peut commencer. Le premier ravito permet de souffler un peu mais il ne faut pas s’attarder au risque de congeler sur place.

 

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La deuxième partie est en faux plat descendant, nous accélérons un peu le rythme avant d’aborder la montée du col de Saint Thomas, point culminant de la course. Passé le deuxième ravito, j’ai un violent coup de froid. Je me sent mal, j’ai des nausées, des tremblements. A quarante kilomètres de l’arrivée, la suite de la course de s’annonce pas sous les meilleurs hospices. Avec la transpiration, ma polaire a gelé dans le dos. Je savais déjà que j'étais givré mais là je suis Mister Freeze. J’ai été un peu optimiste sur ma tenue. J’enfile mon coupe vent, je commence à me réchauffer. The show must go on, je reprends la course. L’ascension du Col de Saint Thomas me revigore. Arrivés au sommet, nous faisons une nouvelle pause pour remplir nos bidons.

 

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Les organisateurs on allumé un grand feu où traditionnellement les habitants du cru font brûler les chats et les sorcières en gambillant des danses tribales. Le thermomètre est descendu sous les -12°C, il ne faut pas traîner par ici non plus.

 

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Il nous reste dix kilomètres avant d’arriver à Saint Just en Chevalet, magnifique port de pêche situé à mi-course. Nous profitons d’être dans une salle chauffée pour nous changer. Nous laissons Sylvie avec les autochtones. Elle fait les 32 km, une navette la ramènera à Thiers. A ce jour, je n’ai pas lu d’avis de recherche, son retour à du bien se dérouler.

 

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C’est à quatre que nous remontons sur Font Pot. La pente est aussi dure que la glace qui recouvre la route. Nous  y laissons beaucoup d’énergie, les appuis sont fuyants, le froid me brûle le visage, il est plus de quatre heures du matin, tout va bien.

Il y avait quoi à la télé ce soir ?

L ‘élection de Miss France.

T’ain qu’est-ce que je fous là ??

C’est toi Fredy qui à eu cette idée à la con !!

Allez les gars, plus c’est long, plus c’est …

 

Bon pas la peine de rêver, on aperçoit déjà le ravito. Une course pause, un mars et çà repart.

 

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Il reste un peu plus de vingt cinq kilomètres à parcourir. Le profil est descendant mais la neige et les plaques de verglas rendent la course difficile. Malgré cela nous parvenons à accélérer la cadence. Nous arrivons à Moulin Chérier, avant dernier ravito de la course. Le jour commence à se lever. Une sorte d’euphorie générale gagne notre groupe. Au dernier ravito nous apprenons qu’Anne Laure est la première féminine de la course. La cloche à sonné (non je ne parle pas d’Anne-Laure), nous maintenons notre allure. Roanne est en vue, encore un effort et nous passons l’arche d’arrivée. 7h30 de course, c’est un résultat qui restera dans les annales comme dirait mon proctologue. Un tonnerre d’applaudissements accueille la première féminine. Pfff, fastoche, on l’a poussé toute la course. A partir de cet instant, elle ne nous  adressera plus la parole. Il se raconte dans les milieux autorisés qu'elle aurait pris la grosse tête en faisant la une de tous les journaux. Enfin, le Semeur Hebdo et France Agricole, c’est un début. Les mauvaises langues racontent qu'elle aurait posé pour Pèlerin Magazine.

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Je passerais sur le retour en voiture qui fût interminable. Nous n’avions que 3 euros en poche, pas assez pour payer l’autoroute. C’est par des chemins de chèvres verglacés, avec un neurone pour quatre que nous rejoignons enfin notre domicile.

Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière.

 

Merci aux organisateurs qui nous permettent de passer ces si bons moments.

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